La langue arabe littéraire et l’arabe dialectal

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    Image satellite de la peninsule arabique de nuit Image satellite de la peninsule arabique de nuit

     

    Les langues sont les facteurs les plus importants de la formation des nations car elles sont vectrices de pensée et d'expression. Elles constituent un outil de communication, un référentiel de la nation et de son patrimoine culturel. Elles sont faites de conscience et sont issues de l’activité de la pensée et traduisent son sens.

    Penchons-nous sur l'un des problèmes les plus importants qui surgissent à notre époque contemporaine et qui bouleversent le paysage culturel du monde arabe et sa noble langue, à savoir  la question de la pluralité des dialectes arabes.

    La question à se poser est de savoir si la langue arabe va disparaitre pour laisser place à une multitude de dialectes hétérogènes. Un combat perpétuel, l’uns face à l’autres  pour savoir qui sera la langue la plus proche de la langue arabe ou bien si cette belle langue va s’enrichir et s’imprégner de tous ces dialectes pour nous donner un nouveau parfum plein de saveurs et enraciné dans son histoire majestueuse.

    Le Dr Abdulaziz Maqalih (poète, critique et professeur d'université yéménite) souligne quant à lui que l'absence presque totale de la langue arabe littéraire est un danger pas seulement pour la langue arabe, mais aussi pour l'unité de la « nation arabe » dans leurs dimensions culturelles et spirituelles. Le risque est de faire de la langue arabe une langue vidée de toute sa consistance sans aucun fondement. Tout aussi bien elle peut devenir la langue unique de multiples nations pourvues chacune de différents dialectes mais sans aucun lien entre les uns et les autres.  

    Cette vision exclut totalement l’apport des dialectes à la langue arabe. Si l'on regarde de près, on se rend compte que les dialectes arabes s’entremêlent avec la langue arabe par une application surtout par une application de certaines règles de la grammaire arabe littéraire. Tout comme toutes les langues du monde, elle n'est pas un ensemble unique à tous les niveaux. On va retrouver un arabe littéraire et scientifique d’un côté et un niveau plus populaire de l’autre. On devra à un moment ou un autre se poser la question : « quel équilibre doit-on avoir entre les deux ? »

    Cette différenciation dans les pays arabes rencontre parfois des limites. C’est ce que l’on voit par exemple dans les pays qui ont subi une occupation  physique et linguistique comme certains pays du Maghreb.

    La mise à niveau de l’arabe littéraire dans ces pays a commencé par une forte politique d’arabisation au niveau de l’éducation et de l’administration, à tel point qu’un grand fossé s’est creusé entre la langue arabe dialectale et la langue officielle du pays.  Pour vérifier cela il suffit juste de se balader dans les villes du Maghreb pour se poser la question « où sommes-nous ? » car la différence est immense entre ces pratiques institutionnelles d’un côté, traditionnelles de l’autre.  

    Bien entendu, sur les aspects officiels, la langue arabe littéraire a la prédominance et reste la langue commune qui rassemble tous les pays arabes. On remarque par contre que les dialectes arabes s’imposent à tous les aspects non officiels et populaires.

    Aujourd’hui, la réalité linguistique dans le monde arabe révèle la domination des dialectes locaux. On retrouve d’un côté un mélange de dialecte, de berbère et de français pour le Maghreb et de l’autre le dialectal et l’anglais au Machrek. Pour les dialectes locaux, ils dominent sur ​​la plupart des modèles de communication dans les pays arabes, à la fois à travers le langage utilisé en classe (parfois sur des supports pédagogiques), ou à la radio et à la télévision (les médias), dans les films ou les chansons (culture populaire), ou même dans les magazines et les journaux.  Sans oublier la présence de certaines langues comme l’anglais ou le français qui sont très influentes dans les stades de l'enseignement universitaire et pré-universitaire, les réseaux sociaux et dans certains magasins.

    Vu sous cet angle, on peut croire que la langue arabe va disparaitre en laissant une mosaïque de dialectes prenant le pas comme langue officielle.

    Historiquement la langue a toujours été alimentée par les différents dialectes locaux. Les dialectes locaux sont le réservoir de la langue arabe. Cette dernière a toujours été une langue savante et noble alors que les dialectes locaux représentent le langage populaire utilisé par la population dans leurs vies courantes. Sur cet aspect la langue arabe littéraire puise dans ce réservoir riche et très dynamique pour se renforcer et représenter l’évolution de la société.  

    Aussi la langue arabe littéraire représente un socle commun employé naturellement par une grande région de 22 pays. C’est un poids non négligeable surtout que cette région à une histoire commune qui les lie. Un présent avec des défis insurmontables sans une coopération active entre eux. L’avenir de cette nation est dans son union et cette langue arabe littéraire est celle qui va cimenter ces nations. Une coopération culturelle, politique et économique ne sera que plus renforcé grâce à cette langue commune et surtout utilisée naturellement par tous ses membres.


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